Philharmonie de Paris  

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Le Chant de la dissolution

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Le Chant de la dissolution

Laurent Feneyrou

La tragédie, dans son sens étymologique, représente un conflit : celui de la mythologie et de l’histoire, du divin et de l’humain, de la transcendance et de l’immanence, dont elle exprime la division, la séparation, l’essentiel discord. Dans un monde sans dieux tutélaires, les hommes portent leurs ombres comme ils portent leur feu — jusqu’à la catastrophe, la mort, la blessure ouverte ou l’enfermement.

Cinq oeuvres majeures (Maderna, Nono, Barraqué, Feldman et Zimmermann) de la seconde moitié du XXe siècle abritent cette tonalité affective, tragique, dans leurs espaces sonores spécifiques. Ce sont des chemins, dont l’expérience seule est dépositaire d’une beauté et d’une fragilité troublantes. Abandonnés à l’écoute, ils livrent leurs strates, poétiques, musicales,littéraires ou philosophiques, mais aussi leurs inachèvements, leurs accumulations ou leurs patientes mutations. Composées après la guerre, les camps, les désagrégations politique et identitaire, ces oeuvres chantent l’abîme de la dissolution.

Laurent Feneyrou, musicologue, est chargé de recherches (CNRS) dans l’équipe Analyse des pratiques musicales (Ircam). Ses travaux portent sur la musique occidentale de l’après-guerre, dans une perspective analytique, esthétique et philosophique. Il a édité les écrits de Jean Barraqué, Luigi Nono ou Salvatore Sciarrino, et récemment publié De lave et de fer (MF, 2017).