Philharmonie de Paris  

Votre panier

Le panier est vide.

Accueil / Page détail / Ludwig van

Ludwig van

> Le mythe Beethoven

Envoyer à un ami

Ludwig van

Le mythe Beethoven

Collectif

Exposition à la Cité de la musique-Philharmonie de Paris, du 14 octobre 2016 au 29 janvier 2017.

Cet ouvrage constitue le catalogue de la grande exposition que la Cité de la musique-Philharmonie de Paris consacre à la postérité de Beethoven, et notamment à la présence de sa figure et de sa musique dans les arts, l’histoire et la société de sa mort à aujourd’hui.

Monstre démiurge pour les uns, figure du héros pour les autres, chantre de la liberté républicaine, modèle de la puissance inspirée, incarnation de la Création enfiévrée ou parangon de la Douleur sublimée, Beethoven a façonné, depuis bientôt deux siècles, un imaginaire littéraire, visuel et musical d’une richesse prodigieuse. De Klimt à Beuys, de Gide à Haneke, de Burne- Jones à Pierre Henry en passant par Hartung, Basquiat et Kubrick, l’aura beethovénienne hante les artistes et ne manque jamais son objet : celui d’électriser le regard, l’oreille et l’esprit. Beethoven désigne aujourd’hui bien plus qu’un objet d’étude historique ou musicologique ; il tient avant tout à d’un imaginaire collectif, à la fois populaire et savant, politique et artistique, dans lequel se mire constamment notre humanité. Telle est l’identité du musicien que l’exposition souhaite restituer, à travers un riche parcours visuel et sonore, tout en questionnant l’adéquation, ou au contraire la distorsion, entre le Beethoven « historique » et son devenir imaginaire.

En 1827, la mort de Beethoven ouvre une page florissante de la réception du compositeur : celle d’une postérité en constant devenir, toujours renaissante et résolument moderne, perméable aux idéologies les plus contrastées, voire contradictoires. En 1849, Bakounine et Wagner proclamaient leur rêve « de détruire le monde bourgeois en n’épargnant que l’Ode à la joie de la table rase ». Plus tard, lors de la guerre de 1870, et plus encore lors des deux Guerres mondiales, Beethoven partait littéralement « au front », porté de chaque côté par une iconographie patriotique et des propagandes militaristes pourtant adverses. Dans les années 1980, Basquiat portait sur la toile, en la répétant dix fois, l’inscription « Eroica », exprimant sans détour ses obsessions : la mort, l’héroïsme, la souffrance sublimée par la création. Nul n’a encore oublié cette longue marche de François Mitterrand vers le Panthéon des grands hommes, célébrant en 1981 sa victoire au son de la Neuvième symphonie… Et l’on a encore à l’oeil, comme à l’oreille, l’identité sonore bouleversante que Gus van Sant, en 2003 dans le drame Elephant, associait au tragique fait divers de Columbine : la Sonateau clair de lune.

Assurément, Beethoven est de tous les imaginaires, politiques et artistiques, eux-mêmes sans cesse réactualisés au fil de l’histoire. Et si sa musique incarne, dans la conscience collective contemporaine, l’énergie primitive et l’union possible des c(h)oeurs, il est celui qui, plus que tout autre musicien, a su cristalliser les ambitions poétiques les plus variées.

Sous la direction de Colin Lemoine, historien de l’art et commissaire d’expositions, et Marie- Pauline Martin, maître de conférences en histoire de l’art à l’université d’Aix-Marseille. Avec des textes d’Antoine de Baecque, Silke Bettermann, Élisabeth Brisson, Esteban Buch, Clémentine Delplancq, Bernard Fournier, Marie Gaboriaud, Sarah Hassid, Nathalie Heinich, Beate Angelika Kraus, Michael Ladenburger, Guitemie Maldonado, Timothée Picard, Julie Ramos, Emmanuel Reibel, Benedetta Saglietti, Corinne Schneider, Solveig Serre et Michel Wasserman.


Vous avez aimé, vous aimerez aussi...